lundi, 13 février 2017

«Donald Trump ne fermera pas Guantanamo»


(Photo: Capture d'écran YouTube)


L'avocat du cerveau autoproclamé des attentats du 11-Septembre a affirmé lundi que Donald Trump était sérieux dans son intention de remplir Guantanamo de personnes soupçonnées de terrorisme. Les chances de fermer ce centre de détention vont donc s'éloigner à jamais, selon lui.

«Notre président a fait part de son intention de garder Guantanamo ouvert et d'y mettre plus de gens, et je prends ses mots au sérieux», a déclaré David Nevin, l'avocat de Khaled Cheikh Mohammed, actuellement détenu à Guantanamo, devant une conférence sur les droits de l'Homme organisée à Doha.

A son arrivée au pouvoir en 2009, le président Barack Obama avait promis de fermer Guantanamo, mais n'a pas pu le faire en raison principalement de l'opposition du Congrès à majorité républicaine.

La prison, située dans une base navale américaine sur l'île de Cuba, abrite actuellement 41 détenus (contre 242 au début du premier mandat de Barack Obama). Elle incarne, dans nombre de pays à travers le monde, les excès de la lutte antiterroriste des Etats-Unis après les attentats du 11 septembre 2001, qui ont fait près de 3000 morts.

David Nevin a récemment révélé que Khaled Cheikh Mohammed avait écrit une lettre à Barack Obama où il lui dit que le 11-Septembre était le résultat de la politique étrangère des Etats-Unis, qui a causé selon lui la mort de nombreux innocents.

ATS

jeudi, 9 février 2017

Khalid Sheikh Mohammed écrit une lettre à Barack Obama




Les extraits les plus marquants d'une lettre de Khalid Sheikh Mohammed, organisateur présumé des attentats du 11 septembre, à Barack Obama ont été publiés par le Miami Herald. Il y critique la politique étrangère des Etats-Unis.

Le cerveau présumé des attentats du 11 septembre, Khalid Cheikh Mohammed, emprisonné à Guantanamo, a eu la possibilité de s’exprimer dans une lettre adressée personnellement à Barack Obama. Dans ce texte de 18 pages publié partiellement par le quotidien Miami Herald et déjà repris par nombreux médias, Cheikh Mohammed critique la politique étrangère des Etats-Unis, qui «a tué tant de gens innocents à travers le monde». Pour justifier les attentats qu'il aurait préparé, il énumère les griefs contre les Américains à l’étranger : Irak, Iran et auparavant, Vietnam et Hiroshima.

«Ce n’est pas nous qui avons commencé la guerre contre vous le 11 septembre. C’étaient vous et vos dictateurs dans votre pays», affirme le terroriste présumé en s’adressant Barack Obama qu’il qualifie de «tête de serpent» et de président du «pays de l'oppression et de la tyrannie».

La lettre date de janvier 2015. A l’époque elle n’avait pas atteint son destinataire, des procureurs avaient refusé de remettre la lettre, affirmant qu’elle devait être détruite en tant qu'objet de propagande. Mais les avocats de Khalid Cheik Mohammed, payés par le Pentagone, sont intervenus en septembre 2015 arguant que que ce dernier avait le droit de s’adresser au président. Un juge militaire a ordonné à Guantanamo de transmettre la lettre au président des Etats-Unis quelques jours avant le départ de ce dernier de la Maison Blanche.

Selon des avocats, Khalid Cheikh Mohammed avait commencé à écrire sa lettre en 2014 alors qu'Israël menait une opération militaire à Gaza, ce qui serait «la motivation principale pour la rédaction de cette lettre». Le cerveau présumé des attentats accuse Barack Obama du meurtre de «[ses] frères et sœurs et enfants» dans la région.

Khalid Cheikh Mohammed est accusé d’être le cerveau des attentats du 11 septembre 2001 à New York. En 2003, il a été capturé lors d’une opération spéciale au Pakistan et a été détenu pendant trois ans et demi dans une prison de la CIA avant d'être transféré à Guantanamo en 2006.

mercredi, 25 janvier 2017

Le tribunal militaire de Guantanamo reprend son travail sur les cinq accusés du 11 Septembre 2001




Enfermés dans leurs cellules de Guantanamo, les cinq accusés du 11-Septembre ont vu s'écouler les présidences de George W. Bush et de Barack Obama sans jamais avoir été condamnés faute de procès. Une nouvelle étape de leur Odyssée s'ouvre après l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche.

Les cinq hommes --dont Khaled Cheikh Mohammed (KSM) qui est considéré comme le cerveau des attentats de 2001-- doivent retrouver la justice à partir de mercredi, avec une nouvelle série d'audiences du tribunal militaire à Guantanamo, dans le cadre de la préparation de leur procès.

La procédure suscite un regain d'intérêt avec l'arrivée au pouvoir du républicain Donald Trump, qui a affirmé qu'il n'hésiterait pas à envoyer de nouveaux prisonniers dans le centre de détention installé sur une base américaine à Cuba et qu'il ne voyait pas non plus d'inconvénient à ce qu'ils y soient jugés.

La peine de mort encourue

Mais impossible à ce stade de prévoir une date de procès pour les «Cinq du 11-Septembre», qui est l'une des procédures les plus complexes de l'histoire judiciaire américaine. Ils risquent la peine de mort.

«Nous sommes plus déterminés que jamais à présenter ces personnes devant la justice, et nous le ferons, quel que soit le temps que cela prendra», a déclaré mardi le général Mark Martins, procureur principal dans cette affaire. Selon lui, la sélection du jury pourrait commencer d'ici un peu plus d'un an, en mars 2018. Mais, côté défense, 2020 est considéré comme un calendrier plus réaliste.

Détenus depuis une quinzaine d'années, les cinq hommes ont été inculpés il y a neuf ans. La procédure avance à un rythme de tortue, et le programme de cette semaine pourrait être remis en cause dès mercredi.

L'avocate s'est cassé le bras

Le juge militaire, le colonel James Pohl, va devoir décider si les audiences peuvent se dérouler en l'absence de Cheryl Bormann, avocate principale du Yéménite Walid ben Attach. Elle s'est cassé un bras et n'est pas à Guantanamo.

L'accusation voudrait que Ben Attach renonce exceptionnellement à la présence de son avocate, mais les défenseurs des autres accusés s'inquiètent du précédent que cela créerait.

Si le Yéménite refuse la requête de l'accusation, le témoignage d'un octogénaire ayant perdu son fils, sa belle-fille et sa petite-fille, qui se trouvaient à bord d'un des avions, pourrait être reporté.

Torture

Le processus judiciaire est d'autant plus complexe que les prisonniers sont passés par les prisons secrètes de la CIA, où certains ont subi des «procédures d'interrogatoires poussés» --un euphémisme pour désigner la torture-- qui ont servi à construire le dossier d'accusation.

C'est en particulier le cas pour KSM, arrêté au Pakistan en 2003, qui a notamment été soumis à de nombreuses sessions de simulation de noyade («waterboarding») ou encore à des séances de «réhydratation rectale» sans justification médicale, avant d'être transféré à Guantanamo en 2006.

Des éléments à charge recueillis par la CIA demeurent classifiés dans le rapport du gouvernement américain sur la torture. Ce qui rend furieux les avocats de la défense car ils n'ont pas connaissance de tout le dossier dont dispose le gouvernement. «Nous ne savons pas ce que nous ne savons pas, et c'est bien là le problème», a résumé Walter Ruiz, avocat du Saoudien Moustapha al-Houssaoui.

Le grand échec d'Obama

Il reste encore 41 détenus à Guantanamo. Le président Barack Obama n'a pas réussi à fermer le camp de prisonniers comme il l'avait promis, se contentant d'en réduire le nombre d'occupants: ils étaient 242 à son arrivée au pouvoir.

Pendant sa campagne, Donald Trump a affiché sa volonté de remplir à nouveau le camp de prisonniers de «mauvais gars». Il voulait aussi rétablir la torture, en faisant «davantage que la simulation de noyade», mais il a semble-t-il changé d'avis sous l'influence de son ministre de la Défense, le général James Mattis.

Les deux autres accusés du 11-Septembre sont le Yéménite Ramzi ben al-Chaïba, et le neveu de KSM, Ammar al-Baluchi, aussi appelé Ali Abdoul Aziz-Ali, d'origine pakistanaise comme son oncle.

AFP