"Le mensonge et la crédulité s'accouplent et engendrent l'Opinion" Paul Valéry

mardi, 6 février 2018

Moussaoui dit subir une «torture psychologique»


Zacarias Moussaoui lors de son transfert 06/11/06 
Source US MARSHALS


Le Français Zacarias Moussaoui, seule personne à avoir été condamnée aux Etats-Unis pour les attentats du 11-Septembre, a assigné en justice le président Donald Trump pour dénoncer ses conditions de détention dans sa prison de très haute sécurité du Colorado. Dans ce recours manuscrit, qu'a consulté l'AFP, le prisonnier affirme subir «une torture psychologique en détention à l'isolement» et exige d'être entendu par un juge.

Selon ce même document, enregistré en décembre, M. Moussaoui accuse le gouvernement de M. Trump et l'administration pénitentiaire américaine de le priver d'accès à un avocat afin de le «briser psychologiquement» et de l'«empêcher de révéler la vérité sur le 11-Septembre».

Dans ce même recours, ainsi que dans une autre requête écrite parallèlement, Zacarias Moussaoui reprend de vieilles accusations qu'il a déjà émises, selon lesquelles des princes d'Arabie saoudite auraient financé Al-Qaïda et participé à la préparation de l'attaque sur le sol américain.



«Esclave d'Allah»

L'ex-membre d'Al-Qaïda, qui avait pris des cours de pilotage dans l'Oklahoma et aurait été pressenti pour être l'un des pirates de l'air des attaques de 2001, signe ses recours de l'expression «Esclave d'Allah», ajoutant les formules «ennemi combattant» ou «soi-disant 20e pirate de l'air».

La justice américaine a rejeté de précédents recours intentés par Zacarias Moussaoui, qui purge une peine de réclusion à perpétuité et dont la santé mentale avait fait l'objet d'interrogations à son procès en 2006.

Démenties avec véhémence par l'Arabie saoudite et réfutées également par les conclusions de l'enquête officielle, les accusations de M. Moussaoui impliquant des responsables saoudiens n'ont pas non plus débouché sur une suite judiciaire.

AFP

jeudi, 1 février 2018

Le camp de Guantanamo restera ouvert et pourrait accueillir de nouveaux détenus


Un décret de la Maison Blanche publié alors que Donald Trump livrait son discours sur l'état de l'Union devant les parlementaires américains est venu confirmer les propos tenus par celui-ci quant au maintien du camp de Guantanamo.

Le président des Etats-Unis Donald Trump, à l'occasion de son discours sur l'état de l'Union, prononcé le 30 janvier devant le Congrès, a confirmé que le camp de Guantanamo resterait ouvert, alors que la presse américaine évoquait depuis plusieurs jours la possibilité d'une telle décision. Au moment où le chef d'Etat faisait cette annonce, la Maison Blanche publiait un décret intitulé «Protéger l'Amérique par la détention légale des terroristes».

Le texte précise que la détention de suspects terroristes dans la baie cubaine se poursuivrait, «compte tenu du nombre d'individus actuellement détenus sur place qui font l'objet d'une procédure d'enquête militaire». Le cas des prisonniers représentant «une menace importante à la sécurité des Etats-Unis» est également évoqué comme justifiant le maintien du fonctionnement du camp. Parmi eux, certains pourraient, selon le décret, pourraient se livrer à des actes «hostiles» sans une surveillance adaptée.

Donald Trump, quant à lui, a évoqué l'arrivée prochaine de nouveaux détenus dans le camp de Guantanamo, qui a accueilli ses premiers prisonniers en janvier 2002, «pour [s']assurer que le combat contre l'Etat islamique et al-Qaida continu[ait] à recevoir tout l'appui nécessaire pour détenir les terroristes, où qu'on les poursuive, ou qu'on les trouve.» «Dans de nombreux cas, pour eux, ce sera désormais Guantanamo», a-t-il ajouté au sujet des potentielles arrestations futures.

L'armée américaine, sous la présidence de George W. Bush, avait construit rapidement ce centre de détention sur une base navale appartenant aux Etats-Unis, à la pointe est de l'île de Cuba. Cette enclave de 117 km2 (dont seulement 49 km2 de terre ferme) avait été cédée par Cuba aux Etats-Unis en 1903, pour remercier son puissant voisin de son aide dans la guerre contre les Espagnols.

Un siècle plus tard, à partir de 2002, cette prison a incarné, à travers le monde, les excès dans la lutte antiterroriste des Etats-Unis. Les images des prisonniers en combinaison orange, derrière des grillages surmontés de fil barbelé, ont choqué, tout comme les gavages imposés à ceux refusant de se nourrir.

vendredi, 12 janvier 2018

Guantanamo: onze détenus musulmans portent plainte contre Donald Trump


Onze détenus de Guantanamo ont déposé plainte jeudi contre Donald Trump. Ils accusent le président de les détenir en détention simplement parce qu'ils sont musulmans.

Onze détenus de la prison militaire américaine de Guantanamo ont lancé jeudi des poursuites contre le président des Etats-Unis Donald Trump, estimant être illégalement maintenus en prison parce qu'ils sont musulmans. Ils citent notamment dans leur plainte des tweets du milliardaire.

Ils ont également glissé les commentaires de M. Trump sur le fait que, selon lui, aucun détenu de Guantanamo ne devrait un jour être libéré. Cette prise de position tranche avec les précédents gouvernements, qui estimaient que la situation de ces prisonniers - il en reste 41 sur 775 il y a quelques années - devait être réexaminée ou qu'ils devaient être traduits devant un tribunal militaire.

"L'opposition du président à la libération des prisonniers de Guantanamo s'inscrit en droite ligne d'autres initiatives politiques sans discernement de sa part - qui ont été annulées par les tribunaux", affirme la plainte, qui mentionne explicitement le décret migratoire.

Détentions de 16 ans sans charge

"Sa position sur Guantanamo appelle à rien moins qu'une exploration judiciaire", poursuit le recours. M. Trump "a souhaité plus récemment que le musulman ayant tué plusieurs personnes à New York soit envoyé à Guantanamo et privé du processus constitutionnel, alors qu'il n'a jamais suggéré que les tueurs de masse blancs soient privés du processus requis".

Ces poursuites ont été déposées devant un tribunal fédéral de Washington au 16e anniversaire de l'ouverture du centre de détention, dans l'enclave américaine à Cuba. Elles réclament un habeas corpus pour les prisonniers, dont certains sont détenus depuis 2002, afin qu'ils soient inculpés ou libérés.

Selon eux, le fait que le gouvernement Trump envoie des signaux selon lesquels il n'a pas l'intention de les remettre un jour en liberté est contraire à la législation américaine et au droit international.

"C'est une démonstration de son antipathie envers cette population carcérale, envers tous les hommes musulmans nés à l'étranger et envers les musulmans au sens large, du même acabit que ce que les tribunaux ont à raison rejeté ces derniers mois", a poursuivi le document de justice.

ATS